Lycéens, on aurait dû vous écouter
Le 1er octobre, plus de 600 lycéens se sont rassemblés à Épinal pour dénoncer leurs conditions d'étude. Épinal en partage leur apporte son soutien, ainsi qu'à tous les lycéens mobilisés en France.
Des revendications claires et documentées
- Des classes moins chargées
- Des emplois du temps moins lourds et mieux organisés
- Des postes d'enseignants et de personnels pourvus, pour que tous les cours soient assurés
- Des bâtiments rénovés : des « passoires thermiques » en hiver et des « bouilloires » en été, ça suffit
- Moins de pression liée à Parcoursup
Des mobilisations qui reviennent, sans être entendues
- 1990 : la mobilisation des lycéens conduit à un plan d'urgence de 4,5 milliards de francs pour les lycées.
- 2010 : les lycéens redescendent dans la rue contre la réforme des retraites.
- 2016 : nouvelle mobilisation, contre la loi Travail.
À chaque fois, leurs revendications sont traitées avec mépris et stigmatisation : on les présente comme des fainéants qui voudraient plus de vacances ou moins d'heures. C'est faux. Leurs demandes sont les mêmes depuis des années.
Une réponse qui se limite à la répression
Aujourd'hui encore, face à des revendications claires, la réponse visible est sécuritaire. On désigne des coupables au lieu de traiter les causes. Il faut écouter les jeunes : c'est ce qui permettrait d'apaiser le mouvement. Nous en sommes même convaincus : si on les avait écoutés dès les premières mobilisations, ce mouvement n'aurait pas eu lieu. Réprimer seul ne fait que durcir la situation.
Nous regrettons les dégradations, mais elles ne justifient pas n'importe quelle réponse. Des lycéens ont été blessés lors d'interventions des forces de l'ordre, et des enquêtes sont en cours. Si l'on ne dit rien, c'est que l'on accepte que l'intégrité physique d'un enfant pèse moins lourd qu'une poubelle ou un abribus.
Si l'on veut que les blocages cessent, il faut répondre aux raisons pour lesquelles ils ont lieu.
Mot de Téo Piaget
Mon engagement politique a débuté dans ces mêmes conditions. En 2006, j'étais dans la rue contre le CPE. En 2010 et 2011, j'étais à leur place, devant le lycée Louis-Lapicque, pour exactement les mêmes raisons qu'aujourd'hui. Lycéens, ne lâchez rien. Réussissez ce que l'on n'a pas réussi avant vous.
Mot de Daniela Amiunes
Les lycéennes et les lycéens n'ont pas besoin de nous, adultes, pour leur dire quoi penser : ils sont capables de décider par eux-mêmes. La violence que l'on voit aujourd'hui est l'expression de la violence sociale que l'on a trop longtemps exercée sur eux. Il est temps que nous offrions à nos enfants un avenir désirable, où chacun d'entre eux saura trouver une voie épanouissante et émancipatrice.
Daniela Amiunes et Téo Piaget, conseillers municipaux, Épinal en partage.
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